Sainte Maguerite
Sainte Marguerite-Marie est une jeune moniale cloîtrée, inconnue de son vivant. Son enfance a été teintée d’une vie religieuse sombre et volontariste, qui régnait chez les croyants de son époque et de sa région : le Seigneur lui fait faire un chemin énorme, il l’amène à changer complètement de regard. Son témoignage traverse les siècles et le monde, ses reliques sont aujourd’hui accueillies par des foules dans toutes les parties du globe.
Son amour de Jésus n’a cessé de croître, nous ne comprenons bien sa vie qu’avec l’éclairage des dernières années.
Marguerite Alacoque nait en Bourgogne le 22 juillet 1647(c’est à sa confirmation qu’elle ajoutera le nom de Marie)La paroisse, Verosvres (à 7 lieues de Paray-le-Monial), compte 600 habitants. Marguerite est fille d’un notaire royal exerçant la justice dans le pays. Avec ses parents et ses frères elle vit dans le pavillon de maître du domaine familial ; juxtaposés, plusieurs bâtiments de ferme où sont grand mère, oncle, tantes, cousins, et des ouvriers agricoles. La famille de son père est en effet essentiellement composée de laboureurs propriétaires.Le foyer où grandit Marguerite a bonne culture, et bonnes relations dans le pays. Sa maman, elle-même fille et sœur de notaire royal, est plus habituée à la ville qu’à la campagne. Les modes de vie sont différents. L’incompréhension ne fera que croître dans cette famille-là, où règne une jalousie certaine. Au baptême l’enfant a reçu pour marraine Mme de Fautrières, châtelaine du voisinage.

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25 étapes de sa vie
-1647 naissance et baptême
– de 4 à 8 ans séjours au château
– 8 ans 1/2 mort de son père : tout s’écroule
– 9 ans mise en pension religieuse
– malade et grabataire durant 3 ans
– 13 ans vœu à la Sainte Vierge, santé retrouvée
– très pénibles difficultés familiales
– demandes en mariage et mondanités
– Jésus est le plus passionné de tous les prétendants
– 1671 moniale à la Visitation
– Jésus lui parle, on ne la croit pas
– avec le Père Claude La Colombière comme frère et sœur
– 1673-1675 les grandes apparitions
– 1676 le Père La Colombière est envoyé à Londres
– 1678 «Je te constitue héritière de mon Cœur»
– 1681 retour à Paray de St Claude La Colombière
– 1682 mort de St Claude La Colombière
– 1684 le livre posthume de St Claude trahit son secret
– 1684 «mariage spirituel»
– 1685 première fête du Cœur de Jésus
– regardée comme fondatrice de l’hôpital de Paray
– 1688 première chapelle dédiée au Sacré-Cœur de Jésus
– 1689 tentative de transmettre le message à Louis XIV
– 1689 voyage à Paray des Pères Croiset et de Vilette
– 1690 elle prédit sa mort et meurt d’amour à 43 ans sans qu’on s’y attende.
La Basilique du Sacré-Cœur à Montmartre, fin du 19ème siècle, sera la réponse la plus visible aux demandes faites par le Seigneur à Ste Marguerite-Marie
Test
Le monastère
La chapelle des apparitions
La chapelle est ouverte chaque jour à toute personne, individuelle ou en pèlerinage. Ici, dans la chapelle de ce monastère eurent lieu en 1673, 1674 et 1675 les apparitions du Christ qui manifestait son Cœur à une moniale Visitandine, Ste Marguerite-Marie, en lui demandant de faire connaître son amour à tous les Hommes. À partir de cette date et de ce lieu, la dévotion au Sacré-cœur de Jésus a gagné le monde entier.

Le chœur des moniales
Lors de chacune des trois « grandes Apparitions », Sainte Marguerite-Marie se tenait à genoux devant la grille de clôture (qui à l’époque couvrait la totalité de l’ouverture vers la chapelle). L’autel de ce temps n’était pas au milieu, mais contre le mur ocre. Elle était en adoration devant le St-Sacrement, soit exposé, soit dans le tabernacle de l’autel, et le Cœur de Jésus lui fut manifesté sans doute un peu au-dessus de l’autel.
Bosquet de noisetiers

Ici vu depuis les fenêtres de la maison, le bosquet la mettait à l’abri des regards. Ainsi elle s’entretenait avec le Seigneur sans attirer l’attention. Dans le fond on aperçoit le début du potager, qui était probablement plus éloigné à cette époque. Pendant la retraite précédant ses vœux, elle avait mission de surveiller l’ânesse et son ânon dans le petit pré juste devant le bosquet. Le but étant d’avoir du lait d’ânesse, grand remède en ce temps-là, pour des sœurs malades.

« Une tradition orale du monastère a conservé un souvenir précieux : Un jour, comme Marguerite-Marie allait interrompre l’entretien dont Notre-Seigneur la favorisait, pour courir après l’ânesse et l’ânon, le Sauveur lui dit: « Laisse-les faire, ils ne feront point de mal. » Elle obéit, pleine de foi. On vit, de l’intérieur de la maison, les animaux à travers le potager; mais quand on voulut se rendre compte du dégât, il fut impossible de reconnaître aucune trace de leur passage. » (C § 73, note).
Cour des Séraphins
Sainte Marguerite-Marie aimait venir travailler ici, un peu à l’écart des autres : la fenêtre est proche du tabernacle de la chapelle, ainsi elle restait en adoration tout en faisant son travail. La petite cour fut un jour remplie de la présence des Séraphins…

Couloir de l’agonie
Le couloir, vu de l’entrée des dortoirs en montant l’escalier du chœur, où un groupe de sœurs surexcitées attendaient Sr Marguerite-Marie en sortant de l’Office, le soir du 20 novembre 1677. À droite le couloir vu depuis l’autre extrémité.
Le cloître
Ici l’aile nord du cloître sur laquelle donne (photo de gauche, au fond) la porte de clôture … qu’elle a franchie 1 fois dans sa vie : à l’instant de son entrée dans la vie monastique (!) ; on voit aussi l’entrée de l’escalier qui mène au chœur.À l’autre extrémité (photo de droite, au fond) : la porte du jardin.Ce cloître elle l’a souvent balayé … et vraisemblablement ici prend place un épisode émouvant – et de grand enseignement – de son dialogue avec le Seigneur.
Le puis
Ste Marguerite-Marie venait ici puiser l’eau au milieu du préau, le puits, remplacé par une pompe au siècle dernier (les arcades du cloître n’étaient pas vitrées autrefois).
La Galerie du noviciat
À l’emplacement du petit toit pointu, se trouvait à l’époque une tour attribuée au noviciat ; pendant 2 ans, 1685-1686, Sainte Marguerite-Marie y fut maîtresse des novices.
Le 1er oratoire du Sacré Cœur
En descendant de la tour on arrive sur la Galerie, où les novices aménagèrent le tout premier oratoire dédié au Sacré Cœur de Jésus.
La chapelle du Sacré Cœur au jardin
Elle fut l’immense joie de la fin de sa vie : » l’on fit ériger à son honneur une fort belle chapelle dans notre enclos, avec un fort beau et grand tableau de ce sacré Cœur et chacune de nos Sœurs se portèrent à contribuer à cette œuvre avec tant d’ardeur qu’elle fut bientôt faite » (Cr 3ème lettre).
C’est dans cette chapelle que, le jour de sa bénédiction solennelle, 7/09/1688, Sainte Marguerite-Marie resta trois heures en extase : devant ce tableau qu’on venait d’accrocher. Il occupait alors le centre de la chapelle, à l’emplacement du tableau d’aujourd’hui où elle se trouve elle-même représentée… ce que de son vivant elle n’aurait jamais supporté ! Voilà ce qui pourrait bien expliquer trois heures en extase forme surprenante du nuage vers qui se penche un ange : n’aurait -elle pas exigé que l’on dissimule sa propre silhouette que le peintre se serait permis d’y placer ?
La cellule de son entrée au Ciel
Maintenant transformée en oratoire, c’était une cellule de l’infirmerie.Sr Marguerite-Marie savait désormais accomplie sa mission en ce monde. Elle seule savait qu’elle achèverait au Ciel sa retraite annuelle, elle la commença dans la souffrance et dit que c’était la dernière, « la grande retraite ». Ni ses sœurs, ni le médecin ne crurent à sa prédiction, … et le jour même de sa mort on lui assurait encore que ce n’était rien !






L’image met bien ici en lumière la fameuse … pelle à poussière ! « comme une fois je désirais ardemment communier, mon divin Maître se présenta devant moi, alors que j’étais chargée de balayures ; il me dit : «Ma fille, j’ai vu tes gémissements, et les désirs de ton cœur me sont si agréables, que si je n’avais pas institué mon divin Sacrement d’amour, je l’instituerais pour l’amour de toi, pour avoir le plaisir de loger dans ton âme, et prendre mon repos d’amour dans ton coeur. » (Mémoire Autobiographique § 97)À l’époque en effet, même dans les monastères, on ne communiait pas tous les jours. Et voilà qu’en plein travaux ménagers, humbles, quotidiens, le Seigneur vient lui déclarer qu’en ce moment aussi, par le désir, elle est sa véritable adoratrice. On a trop oublié aujourd’hui la « communion spirituelle » qui, elle, est accessible à tous moments et à toutes personnes.






On peut remarquer particulièrement que, contrairement à Ste Faustine, ou Ste Bernadette, ou Ste Catherine à la rue du Bac, jamais Ste Marguerite-Marie ne décrit de vêtements. La seule indication « physique » que l’on trouve chez elle semble bien celle de la Sainte Trinité, qui de toute évidence ne peut être que symbolique : « L’impression que firent dans mon âme ces divines Personnes ne s’est jamais effacée. Ils me furent représentés sous la forme de trois jeunes hommes vêtus de blanc tout resplendissants de lumière, de même âge, grandeur et beauté. » (A§59) Et le langage qu’elle utilise n’est que flammes ardentes, transparence de cristal, soleil éclatant … Elle « voit » aussi les cœurs : le Cœur de Jésus, celui de la Ste Vierge, le sien, celui de St Claude La Colombière, ceux des Visitandines … Nous sommes quand même assez démunis pour représenter son face à face et son dialogue intime – quasi permanent ! – avec le Seigneur Jésus. Il faut pourtant le faire, et l’on n’a rien trouvé de mieux que ce type de représentation. Mais il est bon de se rappeler qu’elle n’a jamais décrit … un beau jeune homme au regard langoureux entrouvrant son vêtement pour montrer son Cœur ! Pour se vouloir trop matériellement précises, certaines peintures ont quelque peu déformé le message qu’elle nous transmet. Il est sûr qu’elle nous transmet le message de la tendresse de Dieu pour les hommes, et que son langage est très affectif, il n’est pourtant jamais sentimental …Lors de l’inauguration de la chapelle du jardin, un tableau, dont nous avons présenté la copie page précédente, occupait le panneau central. Mais la Révolution française en a spolié les sœurs. Et devant le remplacer, on voulut faire figurer aussi Ste Marguerite-Marie. De son vivant, elle avait énergiquement refusé cela : voulant être oubliée de tous et que seul le Sacré Cœur soit connu…