Marguerite Alacoque nait en Bourgogne le 22 juillet 1647 (c’est à sa confirmation qu’elle ajoutera le nom de Marie). La paroisse, Verosvres (à 7 lieues de Paray-le-Monial), compte 600 habitants. Marguerite est fille d’un notaire royal exerçant la justice dans le pays. Avec ses parents et ses frères elle vit dans le pavillon de maître du domaine familial ; juxtaposés, plusieurs bâtiments de ferme où sont grand mère, oncle, tantes, cousins, et des ouvriers agricoles. La famille de son père est en effet essentiellement composée de laboureurs propriétaires.Le foyer où grandit Marguerite a bonne culture, et bonnes relations dans le pays. Sa maman, elle-même fille et sœur de notaire royal, est plus habituée à la ville qu’à la campagne. Les modes de vie sont différents. L’incompréhension ne fera que croître dans cette famille-là, où règne une jalousie certaine. Au baptême l’enfant a reçu pour marraine Mme de Fautrières, châtelaine du voisinage.

La “Ferme des Janots”, est restée en indivis depuis 1613. Et au sein de cette famille, la situation est très compliquée par des héritages successifs et des revendications diverses. Ce sera source d’interminables contestations.La sœur du père de Marguerite a épousé un Delaroche. En plus de la propriété des Janots, les Alacoque et les Delaroche détiennent la plus grande partie du hameau de Lhautecour, qu’ils font cultiver par des métayers. Ces laboureurs-propriétaires ont une aisance certaine. Il n’empêche que de tous les habitants des Janots (hors précisément père, mère et frères de Marguerite) personne n’a jamais été scolarisé, personne ne peut même signer son nom, comme presque tous les autres laboureurs-propriétaires du village : divers documents notariés en font foi. En cette moitié du XVIIème siècle, c’était la condition habituelle dans les campagnes françaises.