Madame Alacoque est vite débordée ; elle ne peut suffire à tout et peu à peu elle entre dans une grande sujétion vis à vis de sa belle-famille. Toutes ces épreuves bouleversent la petite fille, qui mettra de longues années à s’en remettre. Dans sa mémoire cela reste comme un temps très long et très noir.Enfin au bout de quelques mois, qui lui ont paru être des années, voilà Marguerite pensionnaire. là, elle est heureuse, elle étudie – et elle en a soif – elle est avec des enfants de son âge, et surtout elle est chez des sœurs : les Clarisses Urbanistes de Charolles donnent l’enseignement aux petites filles.Sa piété trouve en ce lieu les moyens d’expression et les enseignements auxquels elle aspirait : « J’avais grande envie de faire tout ce que je voyais faire aux religieuses » (A § 5). Celles-ci se rendent bien compte de sa précocité, et lui font faire, avec deux ans d’avance, sa première communion. Ce qui comble ses vœux, et désormais elle cherche à vivre dans un profond recueillement.
Mais hélas, l’année d’après Marguerite tombe malade ; l’enfant a été bien trop bousculée par les événements si durs qu’il lui a fallu vivre ; et cette maladie étrange la cloue au lit : la voilà grabataire ! Peu à peu les Sœurs doivent se rendre à l’évidence : elles ne parviennent pas à la soigner. À grands regrets, elles la rendent à sa famille.

