Mais début août 1676, c’est déjà le départ du Père La Colombière. Il est envoyé à Londres par le P. de La Chaise (précédemment provincial des jésuites et depuis peu confesseur de Louis XIV) dans une Angleterre politiquement et religieusement très troublée. La Réforme protestante a échauffé les esprits, et le culte catholique y est proscrit. Le Père y est néanmoins appelé comme “ prédicateur ” de la Duchesse d’York, épouse du Duc héritier du trône. C’était une des conditions convenues de ce mariage d’état : que la princesse puisse persévérer dans la foi catholique. La mission est diplomatiquement très délicate … le Pape en espère la liberté de conscience et de culte pour les catholiques, le roi de France des avantages politiques. Le Père La Colombière, lui, n’a d’autres vues que de servir le Seigneur en tout ce qu’il lui plaira.
Cependant il emporte dans sa mission, lui qui n’a bénéficié d’aucune apparition, tout ce que lui a transmis sœur Marguerite-Marie des désirs exprimés par le Christ : que son Cœur soit connu et aimé, comme symbole de l’amour immense qu’Il offre aux hommes. Et il va très bien faire rayonner cet amour du Cœur de Jésus auprès de la princesse et de sa petite cour.
Son zèle missionnaire est grand, voilà que peu à peu il entraîne des conversions à la foi catholique, au-delà du cercle restreint qui lui était assigné. Ce sera sa perte…
Sr Marguerite-Marie continue à avoir des connaissances surnaturelles sur les nécessités du Père, et lui envoie en Angleterre plusieurs messages de la part du Seigneur. St Claude écrira plus tard à sa supérieure : “ quand elle aurait lu dans le fond de mon âme, elle n’aurait rien pu me dire de plus précis ” (lettre 27/06/1678)

Avec St Claude en Angleterre, voilà le tout début de la diffusion du message de Paray. Car pour l’instant, quelque soient les désirs que porte Sœur Marguerite-Marie, autour du monastère il n’en est pas question. Le Père a dû lui apprendre une complète discrétion : ses sœurs elles-mêmes ne sont pas prêtes à l’accueillir. Seules ses supérieures savent qu’il y a eu – et qu’il y a toujours – des apparitions.