Au mois d’août 1681, le Père Claude La Colombière est de retour à la résidence des Jésuites de Paray. Mais ses activités seront très limitées.Sa mission en Angleterre a été tristement interrompue 2 ans plus tôt. Les Anglais devenus d’une hostilité farouche, les catholiques subissent une persécution frénétique. Tant que la diplomatie l’exigeait, le poste de prédicateur de la duchesse d’York avait été toléré. Mais le Père La Colombière avait un trop grand zèle d’apôtre … Intrigues et calomnies s’en mêlant, il a connu un temps de prison très rude, au déni de toute justice. Banni d’Angleterre fin 1678, il a manqué de peu de partager le martyre d’une dizaine de confrères jésuites. Il a pu regagner la France mais sa santé est détruite. Après avoir passé 2 ans à Lyon, auprès de jeunes jésuites en formation, il faut se rendre à l’évidence : ses forces déclinent toujours. Il a néanmoins pu avoir une grosse influence sur ses étudiants, les a conduit vers le Cœur de Jésus… et leur a parlé (sans la nommer sans doute) de la sœur Marguerite-Marie !
À Paray, il est gravement malade. Mais son ascendant rayonne sur de nombreuses personnes. Trop fatigué, avec Sr Marguerite-Marie il aura surtout des échanges épistolaires ; plusieurs fois pourtant il pourra s’entretenir avec elle au parloir. Il prend à cœur la re-fondation de l’hôpital de Paray, qu’il avait amorcée en 1676, et n’hésitera pas à désigner Sr Marguerite-Marie comme conseiller spirituel pour prendre sa suite. Lui-même saura quitter son propre jugement devant les conseils qu’elle lui donne, notamment pour la vocation de Mademoiselle de Lyonne ; même en ce qui le regarde personnellement.
