Mais le Seigneur veille. Fin février 1675 est envoyé à la résidence des Jésuites de Paray-le-Monial le Père Claude La Colombière, jeune religieux qui vient de prononcer ses vœux solennels (34 ans, jésuite depuis 15 ans). C’est un fort brillant sujet, et on en parle dans la ville. Melle de Lyonne – elle deviendra plus tard Visitandine – interroge le supérieur de la résidence des jésuites à Paray : « Comment se fait-il que le Père La Colombière ait été envoyé ici, et non pas dans quelqu’un de vos célèbres collèges ? » Réponse : « C’est en faveur d’une âme de choix qui avait besoin de sa conduite ».
Il est là pour la rassurer. Jésus le lui a promis : “Je t’enverrai mon fidèle serviteur et parfait ami.” (Cr 3ème) De même il est là pour rassurer ses supérieures. Mais à la première confession le Père la garde 1 H ½ au confessionnal… pendant que les autres attendent leur tour, cela malgré tout ce qu’elle lui dit du dérangement qui va être causé à la communauté. Voilà bien de quoi alimenter les mauvaises langues !
Un jour, au moment de la sainte communion, “ [Jésus] me montra son sacré Cœur comme une ardente fournaise, et deux autres qui allaient s’y unir et s’y plonger, me disant : « C’est ainsi que mon pur amour unit ces trois cœurs pour toujours. » “Il me fit entendre que cette union était toute pour la gloire de son sacré Cœur, dont il voulait que je lui découvre les trésors, afin qu’il en fasse connaître et en publiât le prix et l’utilité ; et que pour cela il voulait que nous soyons comme frère et sœur” (A § 82).
Les amitiés entre les saints ont souvent un caractère étonnant, et très touchant. Sa supérieure de l’époque n’hésitera pas plus tard à témoigner : « Quand le Révérend P. La Colombière mourut, cette chère sœur perdait en lui le meilleur ami qu’elle eût au monde ».


