Adolescente en grande souffrance ”… car souvent elle n’arrive pas à se vaincre, et la solitude dans laquelle elle se réfugie paraît bien être dérobée à son devoir d’état. Elle fait l’expérience de sa fragilité : c’est plus fort qu’elle ! Elle restera marquée par de fortes tendances à l’introspection. Le Christ, la vie monastique, l’en libèreront plus tard, mais que de combats en perspective. On lui reproche sa délicatesse, et elle se la reproche elle-même. De cette expérience découlera la lutte qu’elle va mener contre sa sensibilité extrême.
Or elle entendra bien des propos railleurs, même gouailleurs à la limite de la méchanceté ; la jeune fille en est profondément heurtée, blessée…
– Alors, ma jolie, paraît qu’on veut sa robe maintenant ? !
– Mais elle est très bien en blouse, tiens, c’est qu’elle ne veut pas travailler !
– Ah oui ! ça ne lui a pas suffit pendant 3 ans d’être une bouche inutile ! Faudrait continuer à ne rien faire peut-être, …pour aller courir les églises, soit-disant !
– Dis plutôt pour aller courir les garçons ! N’est-ce pas, ma fille, avec tous ces beaux gars qui tournent autour de toi ?!
– Tranquille, sa robe elle l’aura dimanche : pour l’instant elle est sous clé.
– Tiens donc, la voilà qui pleure ! c’est bien pour ça le coup de la robe : trop déçue de manquer un rendez-vous galant, pas vrai ?
– Et ce matin tu n’as même pas été capable de peigner tes deux cousines. Et les petits qui ne sont pas encore habillés à l’heure qu’il est !
Généreuse, oui pourtant elle l’est ! Et même sans mesure parce qu’elle aime ; mais comment endurer constamment injustices et malveillances ? … Et c’est avec la culture et les connaissances qui sont les siennes qu’elle va combattre, avec vigueur, les tendances qui lui sont reprochées.

