La 3ème année de sa maladie, enfin elle guérit : ce fut aussitôt après avoir fait le vœu à la Sainte Vierge « d’être un jour une de ses filles » (A § 6) (c’est à dire en entrant dans la vie religieuse). Plus tard, elle entendra la voix du Seigneur Jésus lui dire « C’est moi qui te mis en dépôt aux soins de ma sainte Mère, afin qu’elle te façonnât selon mes desseins ». Et dès ce moment, « La Sainte Vierge m’a toujours servi d’une bonne Mère, et j’y avais tout mon recours en toutes mes peines et besoins, avec grande confiance » (A § 22).À 14 ans Marguerite, guérie, est spontanément pleine de gaité et d’insouciance : joie de la santé retrouvée. C’est alors qu’elle prend durement conscience de la situation familiale : sa mère n’a plus aucune liberté dans sa propre maison, ayant dû confier à son beau-frère, l’oncle Toussaint, la gestion de tout ce qui lui appartient. Désormais tantes et grand mère gouvernent tyranniquement tout le quotidien.
Et de fait l’incompréhension est totale : d’une part cette famille sans culture où règne la jalousie, chrétiens du dimanche seulement, qui vivent de préjugés énormes, d’autre part ce qui reste du foyer heureux que Marguerite a connu étant petite.
Alors Marguerite cherche un réconfort dans la prière… et elle en vient à fuir ces petits cousins braillards qui ne vont pas à l’école, et dont on voudrait qu’elle s’occupe davantage ; mais comment s’en faire écouter ? alors qu’on se moque continuellement en famille de sa mère et d’elle, et que ces enfants entendent sans cesse des propos désobligeants à leur sujet…

