Enfin la voici qui frappe à la porte du monastère de la Visitation de Paray. Car elle se rappelle sa promesse à la Ste Vierge d’être une de ses filles. Or voilà qu’à peine franchie la porte, elle entend la voix du Seigneur : “ C’est ici que je te veux” (A § 34).
Pourquoi choisir ce monastère ? Essentiellement parce que le nom complet est “Visitation Ste-Marie”.
Elle a presque 24 ans. Et elle n’est pas entrée comme une moniale toute faite qui n’aurait pas eu besoin de formation … à une occasion, Jésus lui fait comprendre “qu’Il ne veut point d’un cœur partagé, et que, si elle ne se retirait des créatures, Il se retirerait d’elle.” (S § 1)
On retrouve aussi en ce temps-là l’histoire du fromage (que nous avons explicitée plus haut dans le complément des « difficultés familiales »). Elle fait la découverte, échec cuisant pour elle, de ne pas parvenir à se surmonter, sur une question que les autres jugent tout à fait insignifiante. «Reconnais que sans moi tu ne peux rien faire» (A § 40-41 et 71), lui dit Jésus. Enfin elle parviendra à faire ce qu’on lui demande, mais en prenant son parti des vomissements que cela lui provoque.
Les 2 fondateurs de la Visitation, St François de Sales et Ste Jeanne de Chantal, sont aussi ceux qui ont beaucoup enseigné sur le Cœur de Jésus.


Une jolie scène a bien inspiré les illustrateurs :Sr Marguerite-Marie, novice, fait sa retraite de solitude juste avant de prononcer ses vœux perpétuels. Pendant une retraite on travaille aussi, même si c’est moins. Pour qu’elle ne passe pas ses journées entières enfermée au chœur (être devant le Saint-Sacrement c’est tout son désir !), sa maîtresse lui a assigné une tâche, ordinairement partagée entre les sœurs du noviciat : prendre soin de l’ânesse et son ânon ( car à l’époque boire du lait d’ânesse était le grand remède pour certains malades, dont la supérieure ). Comme on répugnait à laisser ces deux animaux à l’attache autour d’un piquet, il fallait donc les surveiller pour que les salades des sœurs, et autres bonnes choses du potager, ne fassent pas leurs délices.