Elle prédit sa mort et meurt d’amour, à 43 ans sans que personne ne s’y attende, le 17 octobre 1690

Octobre 1690, voilà arrivé le tour de Sœur Marguerite-Marie pour entrer en retraite de 10 jours. Mais elle prend mal la veille. Une Sœur lui demande si elle pourra y aller, elle répond : «Oui, mais ce sera la grande retraite.» Elle s’alite, neuf jours avant sa mort, elle les emploie à se disposer à la venue de l’Époux.

“ Le jour même de sa mort, notre médecin l’assurait toujours qu’elle ne mourrait pas de cette maladie qui paraissait si peu dangereuse. Mais elle persista toujours à dire qu’elle en mourrait et demanda avec beaucoup d’instances le saint viatique ; elle pria qu’au moins on la fit communier. Et elle reçut le saint Sacrement en forme de viatique, sachant bien que c’était pour la dernière fois qu’elle le recevait. ”

“ Elle remercia de tous les petits soulagements qu’on s’empressait de porter à son mal, disant qu’il ne lui en fallait plus, n’ayant plus rien à faire en ce monde qu’à s’abîmer dans le sacré Cœur de Jésus-Christ pour y rendre le dernier soupir. Le médecin étant arrivé au moment qu’elle venait d’expirer parut très surpris.

Ce fut le 17 octobre qu’elle expira, en présence de la Communauté, qui eut la douleur et la consolation tout ensemble de voir comme meurent les saints ”

On entendait par toute la maison et par toute la ville : « La sainte est morte ! » « Les obsèques se firent le soir du 18 octobre. Il y assista un concours extraordinaire de personnes de marque et d’ecclésiastiques. Ceux-ci entrèrent dans la maison pour la sépulture. Imitant la dévotion du peuple, chacun de ces Messieurs voulut emporter quelque relique de la défunte ; ils allèrent donc jusqu’à couper des morceaux de ses habits ou de son voile. L’un deux, ayant enlevé le petit crucifix qu’elle tenait entre ses mains, refusa constamment de le rendre au monastère, disant que c’était le plus précieux trésor qu’il pût acquérir et laisser à sa famille. » (Annales manuscrites du Monastère, 1, p. 118.)

“ La vénération qu’on a pour cette illustre défunte s’augmente tous les jours. Nous ne particulariserons point ici tous les secours qu’ont reçus toutes les personnes qui l’ont invoquée et qui le font tous les jours, dont ils ne manquent point de recevoir les effets de leur confiance, qui est si grande, depuis le premier miracle. ”

Le premier des miracles authentifiés en vue de la béatification eut lieu, lui, en 1713.

Il existe des engouements de foules qui ne durent pas. Une vie passée entière entre les murs d’une clôture monastique intrigue toujours, et l’on verra à Paray, à l’occasion d’autres décès la ferveur de personnes passant à travers la grille chapelets ou images pour les faire toucher au corps de “la sainte”. Cela se voit par exemple dans la circulaire nécro-logique de la Sr de Mareschale, sa contemporaine au monastère …Mais, précisément, ça ne dure pas.